Avant d'être l'animatrice aguerrie, la femme d'affaires et la personnalité publique incontournable que l'on connaît, Mitsou Gélinas a profondément bousculé le paysage musical québécois. Dès la fin des années 1980, la chanteuse a redéfini les codes de la pop d'ici en mariant sens aigu du spectacle, provocation assumée et sonorités dance audacieuses.
L’ouragan pop et les débuts provocateurs
Mitsou frappe un grand coup en 1988 avec son tout premier opus, El Mundo. Porté par l'hymne intemporel Bye bye mon cowboy, l'album décroche une certification platine et traverse les frontières linguistiques jusqu'au Canada anglais. Récompensée par le Félix de la révélation de l'année à l'ADISQ, elle enchaîne avec des extraits marquants comme Les Chinois et La corrida.
Deux ans plus tard, en 1990, Terre des hommes confirme son statut d’icône de la pop. Si des chansons comme Lettre à un cowboy séduisent le grand public, c'est le clip de Dis-moi, dis-moi qui fait couler l'encre.
En 1994, elle fait un virage rétro avec Ya Ya, un album hommage aux années 1960 où elle reprend notamment Le Yaya et Comme j’ai toujours envie d’aimer.
La fin des années 1990 marque un tournant plus introspectif. Sur son album éponyme Mitsou, elle dévoile une maturité nouvelle à travers des compositions pop-rock et électro comme Ouvre-moi et Si tu m'aimes encore.
Pont entre les générations et retour aux sources
Si les dernières décennies l'ont vue régner sur les ondes radiophoniques, notamment à Rythme pendant plusieurs années, et multiplier les projets d'affaires, le micro n'a jamais été définitivement remisé.
En 2023, son duo avec Laurence Nerbonne sur Cowgirl a fait revivre son univers pionnier avec une touche contemporaine, suivi de sorties festives comme C'est chaud (+HOT) et la relecture de sa chanson Lettre à un cowboy en duo avec Clément Jacques.
« Y'a tous ceux là qui m'déshabillent
Les autres qui pensent que je n'pense pas
Les mots méchants j'les écoute pas
Y'en a tellement quand t'es une fille » - Lettre à un cowboy
En près de quatre décennies, Mitsou aura su traverser les époques sans jamais trahir son identité : celle d'une artiste libre, visuelle et précurseure de la culture pop au Québec.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est notre deuxième finaliste pour les grands honneurs des Prix Rythme de la chanson québécoise.