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Gildor Roy lit les mémoires d’un tueur en série dans une nouvelle série

Gildor Roy lit les mémoires d’un tueur en série dans une nouvelle série
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Le true crime a la cote plus que jamais ces temps-ci et le Québec emboîte de plus en plus le pas sur cette tendance. Après entre autres Le dernier soir et Sur les traces d’un tueur en série, on nous propose cet automne Fille de tueur? sur le Canal D et, à compter de la semaine prochaine, Léo-Paul Dion : Confessions d’un tueur sur la chaîne Investigation. Cette série en quatre épisodes a de quoi troubler sérieusement même les plus grands consommateurs du genre.

En 1963, Léo-Paul Dion tue et viole quatre jeunes garçons âgés de huit à 13 ans en plus d’en abuser un autre, le tout en l’espace d’à peine un mois. Ce tueur en série québécois, mort en prison en 1972, a marqué une époque et une région, soit Pont-Rouge dans le secteur de la ville de Québec. Ses contemporains s’en souviennent certainement, alors que les plus jeunes ignorent peut-être tout de cette histoire aussi barbare que tragique, mais rares sont ceux qui connaissent réellement tous les détails de cette saga que la série documentaire, dont nous avons pu voir les deux premiers épisodes, expose.

C’est le célèbre avocat Me Guy Bertrand qui a défendu l’assassin lors de son procès. Pour ce faire, il lui a demandé de lui écrire sa vie, de détailler ses souvenirs depuis sa tendre enfance, ce qui a donné un troublant document de près de 300 pages écrit au passé simple, un temps peu utilisé aujourd’hui qui donne presque un côté poétique au récit, aussi horrible soit-il. Ces mémoires, c’est la confession du meurtrier, et c’est ce que lit Gildor Roy (qui a lui-même déjà incarné un tueur dans Requiem pour un beau sans-coeur, en 1992), avec la permission de l’avocat, tout au long de la série documentaire.

L’effet qui en résulte est franchement déstabilisant, puisqu’on alterne entre les faits tels que décrits par divers intervenants (policiers, journalistes, proches des victimes) et ceux racontés par Léo-Paul Dion, qui s’autoqualifiait de monstre. Voir, par exemple, la soeur d’un des enfants assassinés se remémorer l’angoisse ressentie par sa famille à la disparition du jeune et, quelques secondes plus tard, entendre Gildor Roy narrer les souvenirs du tueur qui explique le moment où il a pris la décision de l’assassiner, c’est absolument crève-coeur.

Presque 60 ans après les faits, la série a réussi à mettre de l’avant plusieurs personnes qui ont vécu l’histoire alors qu’elle se déroulait. Un policier centenaire, l’unique Claude Poirier ainsi que des soeurs des victimes, notamment, sont interviewés. Ça prend une bonne équipe de recherchistes et des arguments convaincants pour réussir à mener un projet comme celui-ci. Mais contrairement aux autres séries de true crime nées au Québec dans la dernière année, on ne mène pas une enquête; on sort plutôt des boules à mites un moment marquant de notre histoire judiciaire pour le faire revivre dans la mémoire collective.

« De mes deux maudites mains, j’ai fait quatre petits sains », a écrit le criminel, comme le lit Gildor Roy. Il s’agit de Guy Luckeniuk, 12 ans, d’Alain Carrier, 10 ans, de Michel Morel, huit ans, et de Pierre Marquis, 13 ans. C’est d’eux qu’il faut se souvenir en écoutant Léo-Paul Dion : Confessions d’un tueur. Ces garçons, tous disparus un à la suite de l’autre par des dimanches du mois de mai, sont morts de manière cruelle, injuste, vile. Il aura fallu aux policiers plusieurs disparitions avant de prendre l’affaire au sérieux, ce qui a finalement mené à une véritable panique dans la région, alors que tous se demandaient qui serait le prochain à se volatiliser.

Le suspect a été appréhendé peu après le quatrième meurtre, mettant fin à l’hécatombe. Comme dans bien des séries du genre, l’enfance de l’assassin est ici analysée à la loupe. En un sens, on peut trouver critiquable l’idée de mettre autant d’emphase sur le narratif d’un tueur en série, mais il s’agit d’une formule assez habituelle, puisqu’une enfance marquée par la violence est plutôt commune à ce type de criminel. Léo-Paul Dion n’y a pas fait exception : victime de violence et de malnutrition chez ses parents, repris par le système et envoyé dans un orphelinat où il a été abusé puis incarcéré adolescent (chez les adultes, comme c’était le cas à l’époque) où il a été à nouveau agressé, cette fois par d’autres prisonniers et par des gardes, cet homme est parti dans la vie sans aucune chance, aucun espoir. Comme le dit un des intervenants interviewés : « Ça explique, mais ça n’excuse pas ».

La série documentaire explore aussi son sujet par un angle peu exploité dans le genre, puisque des entrevues avec des membres de la famille du meurtrier sont aussi présentées. Comme quoi la famille du criminel n’échappe pas non plus à la peine et la détresse provoquées par les gestes qu’il a commis, mais soulève une question qui mérite réflexion : Léo-Paul Dion a-t-il toujours été un monstre ou l’est-il devenu à cause de l’absence totale de ressource et d’encadrement pour l’aider à se sortir de la violence? Quelle est la responsabilité de la société dans la création d’un tueur?

Léo-Paul : Confessions d’un tueur sera diffusée les mardis à 22h dès le 10 novembre sur Investigation.

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